ITALO PAS DISCO PHOTO LIVE

PHOTO > 2014.11.13 > Stereolux – NANTES > Italo Pas Disco = Io Monade Stanca + Upper Trans Egypt + Movie Star Junkies


Non, l’Italie ce n’est pas que des Vespa, des pâtes et autres pizzas, chianti, tomates mozza et coppa en bord de mer. L’Italie, c’est aussi un énorme réservoir de groupes passionnants, où la scène indé est variée, riche et vive. Après Joycut sur Indigènes et His Electro Blue Voice sur le festival Soy, voici un nouvel aperçu de cette bouillonnante scène.
IO MONADE STANCA : Trio venu de Canale, près de Turin, Io Monade Stanca s’inscrit dans la filiation de la scène noise italienne qui, de Uzeda à Bellini en passant par Three Second Kiss ou Putiferio, conserve le meilleur des enseignements noise rock chicagoans et y ajoute une subtilité toute latine, notamment dans le traitement des guitares et des mélodies. Il propose un rock élastique avec des arêtes, des perspectives pas très droites que d’aucuns qualifient communément de math rock, et pourtant il se différencie du tout-venant par une finesse de composition et d’exécution remarquable, et s’amuse notamment à enchaîner des sections accrocheuses et plombées à certains pans inclinés plus pop et délicats. Io Monade Stanca adoucit ses angles mais ne les gomme pas, gardant intactes sa rage et sa folie, touché par la grâce…
UPPER TRANS EGYPT : Batterie fracassante en boucle, clavier terrifiant, voix résonante et distordue. Ce groupe, basé à Rome, donne l’effet d’un trip en Panavision sous LSD. Sa musique psyché est gravement violée à coups de punk, dub, proto-electronica, noise acide, impro rock et folie pop. Suicide, Sun Ra, 13th Floor Elevators, The Jesus & Mary Chain et The Grateful Dead sont avalés, métabolisés et puis mâchés, digérés et recrachés, bosselés de leurs acides gastriques. On essaie avec plaisir et curiosité de saisir la clé, même si cela ne semble guère possible sans au minimum une altération mentale. Trans Upper Egypt nous présentera son nouvel album à sortir sur le label d’Austin, Monofonus Press, début novembre : bienvenue pour un voyage sidérant à l’intérieur des pyramides….

MOVIE STAR JUNKIES : Le quintette de Turin vogue au gré de diverses influences. Après un départ des sombres marais blues-punk, version garage primitif – quelque part entre Gun Club, The Chrome Cranks et Birthday Party – il amorce un virage vers un son plus clair et apaisé, avec des ambiances à la Nick Cave (période Murder Ballads) ou à la Léonard Cohen. Il crée une atmosphère et des mélodies alambiquées, toujours jouées avec cette même fièvre nocturne. D’une profondeur lancinante, sa musique, auréolée d’une esthétique décadente, sent la déchéance et l’alcool, mais est aussi traversée de moments divertissants. Les Turinois vous invitent à une balade à bord de leur van sur une autoroute de désolation, pour écouter une musique aussi lumineuse que désespérée, maîtrisée de façon magistrale..


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